Ministère de l’Education nationale et de l’Education civique

Sceau de Republique Gabonaise

Allocution de Monsieur le Ministre

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C’est une tradition définitivement enracinée dans nos mœurs républicaines que celle qui autorise le Ministre de l’Education Nationale et de l’Enseignement Technique à s’adresser à la Nation, à la veille de toute nouvelle année scolaire.

C’est donc avec un réel plaisir que je me plie à cet exercice, à quelques heures de l’ouverture de l’année scolaire 2015 – 2016.

En effet, depuis le lundi 21 septembre dernier, nos établissements du pré – primaire, du primaire et du secondaire, de l’enseignement général et technique, du secteur public et du secteur privé, ont rouvert leurs portes pour accueillir leurs différentes équipes d’encadrement.

Demain lundi 5 octobre 2015, des milliers de nos enfants, dans les villes comme dans l’arrière-pays, partout sur l’ensemble du territoire de la République, reprendront gaiement le chemin de l’école.

Ils y seront accueillis par un grand nombre de nos concitoyens qui ont choisi d’investir leur génie et leur talent dans le contraignant et passionnant métier d’enseignant.

D’année en année, cette forte mobilisation sociale qui s’étale sur trois trimestres, est tout simplement admirable.

Enracinée au cœur de la Nation, l’institution de l’école n’indiffère personne.

Parce qu’elle est une expression éloquente de la vitalité de toute société, soucieuse de se construire dans la durée, l’école nous parle à tous et à chacun.

Il nous faut la chérir, c'est-à-dire la protéger et la sanctuariser.

 

Mesdames et Messieurs, Chers compatriotes,

A la veille de cet évènement majeur de notre vie sociale, je voudrais d’abord exprimer ma plus grande reconnaissance à Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Ali BONGO ONDIMBA qui a bien voulu entériner les propositions faites par Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Pr Daniel ONA ONDO, de nous porter, Monsieur le Ministre Délégué et moi – même, à la tête du Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Technique.

Il me plaît aussi de rendre un hommage appuyé à nos prédécesseurs à la tête de ce Département ministériel qui ont su, dans un contexte qui n’était pas de tout repos, ramener la sérénité dans cette grande maison, sauvant ainsi une année scolaire 2014 – 2015 dont nous avions tous redouté qu’elle ne fût pas conduite à son terme.

Dans ce même ordre d’idées, je voudrais saluer le sursaut patriotique, la haute conscience professionnelle des enseignants et des personnels d’encadrement dont l’abnégation a permis d’éloigner le dangereux spectre d’une année blanche aux conséquences désastreuses.

Au seuil de cette nouvelle année 2015 - 2016, je voudrais pouvoir compter sur la mansuétude de tous pour que la flamme reste allumée et que la lettre et l’esprit des lois en vigueur dans notre pays, dans le secteur de l’Education nationale et de l’Enseignement Technique, soient scrupuleusement respectés.

Il nous faut, tous acteurs confondus et à quelque niveau que se situe notre intervention dans l’entreprise d’éducation, nous serrer les coudes, mutualiser nos efforts, tous nos efforts, afin de garantir à nouveau à notre jeunesse qui regarde et analyse nos actions, les arguments d’une relève crédible qu’elle devra assurer dans un environnement de rude compétition, en interne comme à l’international.

Pour notre part, je voudrais indiquer notre détermination et notre disposition à regarder l’avenir avec confiance et optimisme.

C’est dans cet état d’esprit que je réitère au personnel du Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Technique ainsi qu’à l’ensemble des partenaires sociaux, notre entière disponibilité à examiner, avec l’attention due, toutes les questions liées à l’amélioration du système éducatif de notre pays.

De toute évidence, la recherche progressive des solutions aux divers problèmes auquel notre communauté éducative fait face se fera dans ce cadre de concertation que nous offre le dialogue social.

C’est dans ce cadre approprié qu’il nous faudra, en nous astreignant à une gouvernance participative autant que possible, circonscrire les difficultés, œuvrer à leur aplanissement en ayant à l’esprit de gérer rationnellement les ressources mises à la disposition de notre Département ministériel, dans un contexte particulier où l’Etat se trouve multiplement sollicité.

 

Mesdames et Messieurs,

Lors du lancement du Contrat de Partenariat pour une Jeunesse responsable, le Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Ali Bongo Ondimba affirmait, fort à propos, que je cite : «  La jeunesse d’aujourd’hui, avec son importance démographique croissante, se doit d’être mieux préparée, plus aguerrie, mieux formée pour être à la hauteur des défis sans cesse renouvelés » (fin de citation). une réflexion sera conduite en vue de parvenir à l’élaboration d’une carte scolaire.

Encore récemment, lors de son importante adresse à la Nation, à l’occasion de la commémoration du 55ème anniversaire de l’accession de notre pays à la souveraineté, le Président de la République, Chef de l’Etat, avait relevé, pour le déplorer, le palmarès plus que préoccupant de l’ensemble des examens organisés dans le cadre de l’Education Nationale et de l’Enseignement Technique, à savoir :

  • Certificat d’Etudes Primaires : 16.262 admis sur 46.969 inscrits, soit 34,62 % contre 34, 36 % en 2014 ;
  • Brevet d’Etudes du Premier Cycle : 14.615 admis sur 31.821 candidats, soit 45,93% contre 41,24% en 2014 ;
  • Baccalauréat Général : 11.704 admis sur 19.689 candidats, soit 60,51% contre 54,52% en 2014 ;
  • Baccalauréat Technologique : 1592 admis sur 3804 candidats, soit 43%.

 

De toute évidence, ce bilan doit nous motiver dans la recherche continue et déterminée de la performance de notre système éducatif.

La faiblesse de ces résultats et plus largement une certaine baisse du niveau général de nos élèves nous imposent de regarder avec toute l’attention requise comment remédier à ces symptômes d’un système éducatif de faible efficacité.

C’est le lieu d’exhorter nos élèves à s’investir dans le travail, sans se laisser distraire par les tentations faciles.

 

 

 Mesdames et Messieurs,

La quête d’une éducation de qualité ne saurait se limiter à la seule évaluation des apprenants. C’est pourquoi, dès cette année, je souhaite ouvrir, dans le cadre d’un grand chantier pédagogique et institutionnel, une réflexion visant à revitaliser :

-         l’évaluation institutionnelle de notre système éducatif ;

-         la définition d’un socle commun de connaissances et de compétences de la scolarité de base obligatoire ;

-         la refonte des programmes de l’enseignement secondaire ;

-         la formation initiale et continue des enseignants et des encadreurs pédagogiques ;

-         l’amélioration du système d’évaluation des élèves et celle de la qualité de la gouvernance des établissements scolaires.

En outre, j’exhorte la Direction de l’Institut Pédagogique National et la Direction Générale de l’Enseignement Scolaire et Normal à finaliser la réflexion sur l’harmonisation des coefficients au Collège, de manière à les rendre conformes aux standards internationaux.

Il ne s’agira pas d’une nouvelle session des Etats généraux de l’Education mais d’une approche visant à accélérer les reformes déjà engagées et validées antérieurement.

En effet, en 2010, notre système éducatif a enregistré pour la deuxième fois un des moments les plus importants de son histoire par la tenue des Etats généraux de l’Education, de la Recherche et de l’Adéquation formation- emploi, après la grande réflexion de 1983.

L’organisation des Etats généraux de 2010 s’inscrivait dans le cadre de la politique de modernisation du pays prônée à juste titre par le Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Ali BONGO ONDIMBA et traduite dans le Plan Stratégique Gabon Emergent.

Le choix de tenir ces états généraux, correspondait également aux tendances observées dans la plupart des systèmes éducatifs au monde qui sont engagés dans des réformes multiples pour répondre aux défis liés à la massification scolaire, à la gouvernance des établissements à la régularisation pédagogique, à la problématique de la validation des acquis des élèves et donc à la quête d’une meilleure qualité de l’éducation pour tous.

De l’ensemble de ces grands moments, et revenant comme une antienne, le constat du paradoxe saisissant d’un système foncièrement démocratique, ouvrant l’accès à l’éducation universelle avec des taux de scolarisation parmi les plus élevés au monde mais qui se trouve ruiné par une qualité et un rendement insuffisants, a toujours été relevé.

Il nous faut le reconnaître, les problèmes sont nombreux et beaucoup d’entre eux revêtent un caractère d’urgence.

La qualité de l’offre d’éducation s’est dégradée au fil des ans sous l’effet conjugué :

-         des déficits en salles de classes et en personnels enseignants ;

-         de la gouvernance laborieuse de nos établissements ;

-         de la démobilisation et de la démotivation qui gagne certains acteurs-clés de l’entreprise de l’éducation ;

-         et de l’absence d’un plan ambitieux visant la redynamisation de la formation initiale et continue des formateurs et des encadreurs pédagogiques.

D’autres phénomènes ont également impacté cette qualité, notamment le développement dans notre pays, de ce qu’il est convenu d’appeler des « quasi marchés scolaires » sur lesquels, se sont clairement positionnés, certains établissements privés, certaines officines appelés pompeusement prépas et plus inquiétant encore, certains acteurs du secteur public de l’éducation.

Cette marchandisation de l’école a un terreau, trouvant ses racines dans :

-         le mercantilisme et la cupidité de certains promoteurs ;

-         la naïveté de certains parents d’élèves ;

-         la perte de conscience professionnelle chez certains acteurs du service public de l’éducation ;

-         et aussi, il faut le reconnaître, dans la faiblesse de l’offre scolaire publique.

Cette situation, si elle n’est pas endiguée, pourrait porter un énorme préjudice à notre école, celle de la République, et la détourner des valeurs du travail, du goût de l’effort personnel et de la méritocratie.

C’est pourquoi, j’ai instruit les services compétents du Ministère afin qu’une réflexion profonde soit menée sur le statut et le cadre de fonctionnement de ces structures.

Dans le même sens, il nous faudra orienter nos efforts en vue de parvenir à une meilleure gouvernance de nos établissements scolaires, laquelle passe notamment par la tenue régulière des conseils d’administration dont les premières expériences débuteront cette année dans les grands établissements secondaires du pays.

Ces conseils d’administration seront des instances de concertation constructive incluant tous les partenaires de l’Ecole.

Par ailleurs, nous veillerons attentivement à la poursuite de la mise en place de l’application interconnectée de gestion de la vie scolaire.

Je rappelle que cette application a vocation à permettre à terme l’interconnexion de tous les établissements publics, privés confessionnels et laïcs reconnus d’utilité publique, tout en dotant le système éducatif d’un outil efficace de mobilisation de l’information scolaire.

De même, une réflexion sera conduite en vue de parvenir à l’élaboration d’une carte scolaire afin de :

-         rationnaliser l’utilisation des ressources humaines, matérielles et immobilières ;

-         d’améliorer les conditions générales de la scolarisation de nos enfants ;

-         et d’assurer un développement quantitatif cohérent de l’offre d’éducation au plan local.

Un tel outil a l’avantage d’être une aide précieuse à la prise de décisions pertinentes dans la conduite du secteur de l’Education Nationale et de l’Enseignement Technique.

 

 

 Mesdames, Messieurs,

Il n’échappe à personne que l’Enseignement Technique et Professionnel est l’un des leviers de construction de notre économie sur lequel le Gouvernement fonde de réels espoirs.

Cet ordre d’enseignement doit contribuer fortement au développement du pays, en fournissant aux opérateurs économiques des générations de jeunes gens adéquatement formés pour répondre aux exigences de notre économie.

C’est pourquoi, l’Enseignement Technique et professionnel doit prendre toute sa place dans l’Ecole gabonaise.

Mais à ce jour, moins de 8% d’élèves sont inscrits dans ce secteur. Il nous faut, conformément aux exigences du Plan Stratégique Gabon Emergent relever ce chiffre à 20, voire 30 % d’ici 2025.

C’est pour cette raison que nous allons nous atteler, notamment au cours de cette année, à mettre en place des passerelles entre les différents ordres d’enseignement, notamment pour le passage de l’Enseignement général vers l’Enseignement Technique et Professionnel.

Par ailleurs, pour améliorer l’employabilité des jeunes diplômés de l’enseignement technique et professionnel, nous renforcerons nos relations avec les opérateurs économiques, de manière à envisager, le cas échéant la mise en place d’offres de formation nouvelles, préparant, en fonction des bassins économiques et de leurs potentialités naturelles, aux diplômes allant du Certificat d’Aptitudes professionnelle (CAP), au Baccalauréat Professionnel.

En outre même, il nous reviendra de travailler en vue de l’ouverture progressive du diplôme de Brevet de Technicien Supérieur (BTS), dans les conditions prévues par la loi 21/ 2011 du 14 février 2012 portant orientation générale de l’Education, de la Formation et de la Recherche.

 

Mesdames et Messieurs, Chers Enseignants, Chers Parents d’élèves,

Il est vrai que des difficultés demeurent en ce qui concerne les structures d’accueil au sein de nos établissements.

La volonté du Gouvernement est de renforcer nos capacités en la matière, pour pouvoir les adapter à la dynamique de la population scolarisée et nous rapprocher d’un quota de 40 voire 35 élèves par classe dans les grands centres urbains.

Dans l’immédiat, nous allons procéder, au cours de cette rentrée scolaire, à l’ouverture progressive de neuf (9) établissements d’enseignement secondaire, trois (3) Lycées à Bitam, Lebamba et Mbigou, six (6) CES dont quatre (4) à Libreville, à savoir :

   - le CES du Centre ;

   - le CES de Batavéa ;

   - le CES de Melen ;

   - et le CES d’Alibadeng.

Les deux autres se situant au Cap Esterias dans la commune d’Akanda et à Matsatsa dans l’Ogooué – Lolo.

Cinq autres établissements d’enseignement secondaire : le CES Madoungou Mbari de Mimongo, le CES Théodore Kwaou de Mandji le CES Aubin Georges Modjeckou de Lambaréné, le CES Paul Moukambi      d’Iboundji et le CES Koumba Nziengui   de Tchibanga vont être transformés en Lycées avec l’ouverture de classes de seconde.

Il est également prévu l’ouverture de deux (2) établissements primaires à Mouila et à Libreville, dons de la coopération chinoise qu’il me plaît de remercier ici.

Par ailleurs, et afin d’augmenter l’offre d’éducation qui décroissait de manière inquiétante en séries scientifiques, des classes de secondes scientifiques vont être ouvertes dans les Lycées :

-         Jean Hilaire Aubame Eyeghe de Nzeng – Ayong ;

-         Paul Emane Eyeghe d’Oloumi ;

-         Diba - Diba ;

-         Et Ndong Bie de Kango.

Dans la même perspective, le lycée Nazaire Boulingui de Tchibanga hébergera dorénavant une Terminale C.

D’ores et déjà, j’appelle l’attention des chefs d’établissement et leurs équipes respectives sur l’importance de la mise en œuvre pleine et entière de leurs prérogatives. J’attends un contrôle strict des tâches confiées aux enseignants. Une évaluation administrative objective doit être faite mensuellement, pour permettre à l’Inspection générale des services de tirer tous les enseignements utiles au recadrage des missions dévolues.

Je demande que ce contrôle s’étende aux structures d’enseignement privé laïc pour éviter que les enseignants intervenant dans ces structures qui accueillent un peu plus de 30 % de nos enfants ne se mettent en marge des recommandations de la tutelle.

Les chefs d’établissement de ces ordres d’enseignement doivent dorénavant veiller à l’exécution scrupuleuse des programmes scolaires prescrits par l’Institut Pédagogique National.

Je termine en lançant un vibrant appel à la mobilisation de tous les acteurs de la chaîne de l’Education, qu’il s’agisse du personnel de l’administration centrale ou des Directions d’Académies Provinciales, des personnels d’encadrement et de contrôle, des personnels de vie scolaire et de service, afin qu’ensemble nous œuvrions pour que cette année scolaire soit irréprochable et qu’aucune semaine et aucun mois ne puisse faire défaut dans l’exécution du calendrier scolaire retenu.

A tous et à toutes, je souhaite une excellente année scolaire 2015 – 2016.

Je vous remercie.

Publié le : 07 / 10 / 2015